À l’Assemblée, la CGT claque la porte d’une réunion présidée par un député RN

Le syndicat veut lutter contre « la banalisation du Rassemblement national et de ses idées ».
Rassemblement de la CGT, le 6 novembre 2025 à Sens.
Rassemblement de la CGT, le 6 novembre 2025 à Sens.

Ils ont claqué la porte. Par résistance au fascisme. Les représentants des différents syndicats de journalistes étaient invités, ce jeudi 2 avril, à s’exprimer sur l’impact de l’intelligence artificielle sur leur profession à l’occasion de laudition d’une mission d’information parlementaire. Mais la SNJ-CGT en a décidé autrement. Hélène Richard, sa représentante, membre du bureau national, s’est offert un petit numéro en se déplaçant à l’Assemblée nationale mais en annonçant quitter la réunion de travail, au tout début de celle-ci. « Nous aurions eu beaucoup de choses à dire sur ce sujet crucial, mais conformément à nos orientations confédérales, nous ne le ferons pas devant une instance dirigée par le Rassemblement national », a plaidé la syndicaliste qui, par ce refus de participation, souhaite dénoncer « la banalisation du Rassemblement national et de ses idées ».

« Sectarisme aveugle »

Le député RN Roger Chudeau qui préside la mission d’information a « déploré » cette décision « déplacée », se déclarant simplement « mandaté par la commission des affaires culturelles pour aborder une question d'intérêt général ». Quelques heures plus tard, le parlementaire a dénoncé, dans un communiqué, le « sectarisme aveugle » de ces organisations syndicales et « l’utilisation de cette audition comme tribune politicienne ». Une attitude qui, selon le député de Loir-et-Cher, n’est qu’une « marque de mépris pour l’institution parlementaire » et « l’expression d’un refus d’accepter les règles démocratiques de l’État de droit ». Le rapporteur de la mission d'information, la députée Ensemble pour la République Céline Chalvez, a regretté, quant à elle, une politique « de la chaise vide ».

« Nous, organisations syndicales de journalistes, savons ce que l’extrême droite, une fois au pouvoir, réserve aux rédactions : le mépris de la liberté de la presse – derrière une apparence tout autre, de séduction des médias – qui est de fait le corollaire de son projet politique. Un projet liberticide, xénophobe et qui s’attaque aux fondements de notre démocratie et de notre État de droit. » Dans un communiqué commun, publié dans la journée, les trois principaux syndicats (SNJ, CGT, CFDT) se sont exprimés. « Il est particulièrement choquant de voir le RN présider une mission d’information consacrée à la culture et l’éducation, avec à ses côtés une rapporteure issue du groupe macroniste. »

« La base vote pour nous »

« Voilà leur conception du pluralisme. Ce sectarisme et ce mépris de la représentation nationale est inacceptable », s’est empressé de réagir Philippe Ballard, député RN de l’Oise. « Ils sont coutumiers du fait », réagit, auprès de BV, l'ancien journaliste. Alors que lui-même dirigeait, en 2023, une mission d’information sur « l’éducation critique aux médias », la SNJ et la CGT avaient refusé de participer aux travaux en raison de son étiquette RN. « Ce qu’il faut quand même rappeler à la CGT, c’est qu’une bonne partie de ses adhérents votent Rassemblement national, souligne, railleur, le parlementaire patriote. Il y a les chapeaux à plumes, les dirigeants, et puis il y a la base qui vote pour nous. » Ce jeudi 2 avril, au palais Bourbon, le représentant du syndicat FO a pris la parole : « Nous, quand la représentation nationale nous convie à des débats démocratiques et nécessaires, on y répond, nous ne faisons pas de politique. » On y perd son latin.

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Yves-Marie Sévillia
Journaliste chez Boulevard Voltaire

Vos commentaires

80 commentaires

  1. Parlons de la presse régionale totalement à gauche ou des hebdomadaires (sauf VA), des chaînes TV du service public ou de certains milliardaires de gauche. En fait les journalistes sont formatés de gauche dès leurs études comme d’ailleurs les magistrats. Alors ils sont terrorisés à l’idée de voir émerger des média qui ne pensent pas comme eux. Tant d’années se sont écoulées où ils ont régné sans partage! Alors ils pensent qu’il leur faut luter en étant sectaires et intolérants mais c’est une erreur car les média qu’ils combattent ne le sont pas et la comparaison n’est donc pas à leur avantage. C’est un cercle vicieux et leur chute s’accélère.

  2. La C.G.T craint le R.N , parce qu’ils savent très bien que une foi au pouvoir , le R.N ne pourra faire que mieux que la macronie et en plus ,le R.N diminuera voir supprimera les subventions allouées par l’état à ces parasites . Il est temps que le ménage soit fait .

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