Attentat à Mulhouse : des royalistes au tribunal pour avoir réclamé l’expulsion

@Asticoco/Wikimedia commons
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Le « moment de recueillement » organisé en début de soirée, lundi 24 février, par la municipalité de Mulhouse (LR/divers droite républicaine), place de la Réunion, après l’attentat qui a fait un mort et sept blessés devant le marché du canal couvert le samedi précédent, a fini de façon plus mouvementée que prévu.

À la fin du rassemblement, des jeunes ont manifesté leur colère face à ces attaques qui se répètent à un rythme de plus en plus soutenu, et mettant chaque fois en cause des assaillants sous OQTF non exécutées.

Expulsez les OQTF !

À Mulhouse, ce soir-là, comme le montre une vidéo, deux de ces jeunes ont été interpellés après avoir crié « Halte au francocide ! Expulsez les OQTF ! Expulsez-les ! Bande de lâches ! C’est une honte ! Ils vont nous tuer ! » Selon le site Fdesouche, ces deux personnes auraient aussi crié « Vous n’en avez pas marre, d’assassiner les Français ? », mais l’audition de la bande son de l’enregistrement ne nous permet pas de le confirmer. Les comptes rendus qu’ont faits de cet incident les médias locaux et régionaux, à partir du récit de l’AFP, rapportent les déclarations de la police, indiquant que les interpellés, âgés de 25 et 26 ans, sont deux militants royalistes, membres de l’Action française Mulhouse. De son côté, le parquet de Mulhouse aurait indiqué qu’ils n’ont « aucun antécédent judiciaire ». Selon Le Parisien, le procureur de Mulhouse, Nicolas Heitz, a indiqué qu’une enquête était en cours, estimant que « les faits sont graves ».

Outrage et provocation à la haine

Selon leur avocat, qui a accepté de répondre aux questions de BV, les deux jeunes royalistes, après avoir été déférés depuis devant le juge, ont été placés sous contrôle judiciaire et devront comparaître le 19 juin prochain pour « outrage » envers le maire de Mulhouse et le préfet du Haut-Rhin, et pour avoir « provoqué à la haine ou à la violence à l’égard d’une personne ou d’un groupe de personnes à raison de leur origine ou de leur appartenance ou de leur non-appartenance à une ethnie, une nation, une race, une religion déterminée, en l'espèce avoir crié devant les caméras de télévision lors d'un hommage public aux victimes d'un acte terroriste, notamment "Fin des OQTF, vous n'en avez pas marre d'assassiner les Français. Bande de lâches, expulsez les OQTF, ils vont nous tuer". » Rien n'indique, en l'état actuel de nos informations, que les deux interpellés ont reconnu les faits qui leur sont reprochés. Me Fabrice Delinde nous a indiqué qu’il allait « plaider la relaxe concernant l’accusation de provocation "à la haine ou à la violence" ». L’avocat des deux royalistes fait remarquer que « l’OQTF est seulement un acte administratif dont il n’est en rien interdit de réclamer l’application » et que, par ailleurs, « rien dans ce qu’ils ont dit n’a à voir avec les notions d’ethnie, de nation, de race ou de religion ». Ajoutons à cela que selon nos informations, les deux royalistes auraient, une dizaine de minutes avant le début de l’hommage, et donc bien avant leur intervention verbale ayant conduit à leur interpellation, subi un contrôle d’identité et été sommés de rester sur place, donc à proximité des policiers et loin des officiels. Leur statut « politique » était donc connu des autorités.

Déclarations lunaires du maire adjoint

Cette affaire interroge sur plusieurs points, et en premier lieu sur les propos du premier adjoint au maire de Mulhouse. Interrogé par France Bleu avant l’hommage, Alain Couchot avait indiqué que l'objectif de la municipalité était de « rendre hommage à la victime décédée et de témoigner notre solidarité vis-à-vis de nos collègues de la police municipale qui ont été blessés », mais il avait ajouté que s’il comprenait « l'émotion de nos concitoyens », cette attaque constituait un « acte isolé, manifestement commis par une personne déséquilibrée », et qu’il n’était pas possible « de se prémunir de façon absolue face à un geste que rien ne laissait prévoir ». Comment s’étonner que des Mulhousiens s’insurgent contre des propos cherchant visiblement à minimiser l’attentat et la responsabilité de son auteur, et allant jusqu’à passer sous silence son caractère terroriste et sa revendication islamiste aux cris de « Allahou akbar » ?

Un « acte de terrorisme islamiste » pour Emmanuel Macron

Surtout après que - une fois n’est pas coutume - Emmanuel Macron lui-même ait confirmé qu’il s’agissait d’un « acte de terrorisme islamiste ». Comme le rappelait récemment BV, l’auteur de l’attaque, connu des services de police, est inscrit au Fichier des signalements pour la prévention de la radicalisation à caractère terroriste (FSPRT) et a été condamné précédemment pour apologie du terrorisme. Faut-il aussi rappeler au maire que le ministre de l’Intérieur, Bruno Retailleau, a précisé qu’à « dix reprises, mes services ont relancé le consulat algérien »(14, à ce jour) pour l’expulser ? S’ils s’en sont pris aux autorités (ni le maire ni le préfet n’étaient nommément cités), les deux jeunes royalistes n’ont-ils pas simplement dit bien (trop ?) fort ce que beaucoup de Mulhousiens pensent tout bas, mais que leur maire fait mine d’ignorer ? Comme l'avait rapporté BV et justement rappelé L'Asace, l'Action française « s'est déjà fait remarquer à Mulhouse en installant, en octobre dernier, une fausse stèle commémorative dédiée "aux enfants de France morts de l'immigration" à la nécropole nationale de Mulhouse, un cimetière des Première et Seconde Guerres mondiales. Cette action avait été menée en marge des hommages rendus à Dominique Bernard et Samuel Paty, deux enseignants assassinés par des islamistes. »

Terroriser les terroristes... ou ceux qui les dénoncent ?

Et à nouveau, cette fois-ci, n’est-ce pas du carnage d’un terroriste qu’il faudrait se plaindre, bien avant que de l’émotion de deux jeunes soucieux de leur pays et de la sécurité des leurs ? C’est en tout cas ce qu’exprime le communiqué de la direction de la Restauration nationale – Action française, qui rappelle que « les élus locaux n'ont proposé, comme à leur habitude, qu'un exercice de langue de bois stérile intitulé "hommage républicain" », avant de citer fort à propos la phrase apocryphe de Bossuet : « Dieu se rit des hommes qui déplorent les effets dont ils chérissent les causes ». Resituant l’affaire sur son vrai terrain, celui de la politique au service du bien commun, le mouvement royaliste ajoute : « Nous avons eu déjà beaucoup trop de morts, nous avons déjà beaucoup pleuré, nous avons déjà beaucoup prié. Les Français ont désormais légitimement le droit d'exiger que tous les élus locaux, ainsi que les dirigeants nationaux et le gouvernement des juges, prennent leurs responsabilités », et exige donc « la fermeture des frontières et l'expulsion immédiate des personnes sous OQTF ! »

Suite de ce très mauvais sketch en juin.

Vos commentaires

7 commentaires

  1. Là,les policiers interpellent des français qui réclament justement l’application de la loi, mais prennent la poudre d’escampette près de la tour Eiffel face à des vendeurs à la sauvette étrangers.Je commence à avoir un début de dégoût vis-à-vis de nos forces de l’ordre qui semblent forts avec les faibles et faibles avec les forts. Ça doit être des adeptes du film : » Courage,fuyons »

  2. On ne sait rien de l’affiliation politique de l’adjoint au maire Couchot. Ce que l’on sait c’est que la maire de Mulhouse est une LR! Et les édiles LR sont connus pour s’acoquiner électoralement avec des gens qui ont des convictions aussi ferme que la pâte à modeler! Le dénommé Couchot pourrait donc être un macroniste ou un Bayrouiste ou quelque chose de ce genre!

    Rien d’étonnant à ce qu’il ait sorti une déclaration aussi lunaire!

  3. Le procureur de Mulhouse, Nicolas Heitz, a indiqué qu’une enquête était en cours, estimant que « les faits sont graves ». Doit-on lui rappeler que les faits les plus graves ne sont pas les cris désespérés et en colère de deux jeunes devant le massacre de compatriotes, mais justement ces tueries de Français qui se répètent, ici en l’occurrence l’assaillant effectuant son meurtre aux cris de « Allahou Akbar », revendication islamiste et terroriste par excellence.

    • A montvives.canalblog

      Les faits perpétrés par cet algérien sous OQTF, le proc de Mulhouse il les qualifie comment? Les royalistes mis en cause, ils ont asséné combien de coups? Leur intervention verbale a causé du tort à combien de personnes? A oui, Mr le proc de Mulhouse s’est senti offensé voilà pourquoi il bombe le torse!! Vous avez confiance dans le justice du pays? Moi, absolument pas! Soutien total à ces jeunes royalistes.

  4. Espérons que ASLA l’association des lanceurs alertes sera partie civile dans cette affaire.
    On se souvient des 2 féministes de Némésis qui a Besançon avaient affiché une pancarte les oqtf violeurs dehors , suscitant l’ire de la maire EELV.
    Je rappelle que le groupe identitaire ayant a cherbourg dénoncé le viol avec torture par un Guinéen de Claire une jeune femme, ils ont été relaxés.
    Le maire PS et le préfet les ayant poursuivi

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