[SATIRE A VUE] Libération interviewe un conseiller en nettoyage audiovisuel

Capture d'écran YT
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L'Arcom n'a pas tapé assez fort. L'Autorité de régulation de la communication audiovisuelle se fait défaillante. Libération donne la parole à un spécialiste estimant que l'arrêt de C8 aurait dû intervenir plus tôt.

 

Il y a du laisser-aller, dans le paysage médiatique français. Libération s'en désole et donne la parole à un spécialiste du nettoyage en milieu télévisuel. Et il n'est pas content ! Plumeau sous le bras, l'universitaire Alexis Lévrier estime que le ménage a été fait trop tard : « Ce qui est surprenant, ce serait plutôt qu’on ait laissé C8 émettre si longtemps ! », déplore-t-il. Les poussières de droite ne sont plus là, les acariens populistes ont disparu, mais voilà.... Il reste des traces dans les esprits des téléspectateurs. À la place de l'Arcom, la fée du logis consultée par Libération intervenait avant même l'apparition du moindre grain de sable dans la mécanique. Son action préventive, agissant comme l'eau de Javel en milieu bactérien, eût permis une propreté constante. « La démocratie a le droit de se défendre contre des médias qui veulent sa disparition », estime le spécialiste. Les Français l'ont échappé belle : nous allions tout droit vers un régime qui persécute tout animateur non conforme à la ligne du parti.

La vaporisation d'un produit de réduction ad Hitlerum permet d'identifier la nature des arguments développés par ceux qui dénoncent une attaque contre la liberté d'expression. Ils sont identiques à ceux avancés par la presse collaborationniste durant la dernière guerre. « Je suis partout, l’Action française ou la France enchaînée critiquent cette loi [contre les écrits antisémites, NDLR] avec les mêmes arguments que les défenseurs de C8 aujourd’hui. » Nous y revoilà. On a beau tout nettoyer du sol au plafond, les toiles d'araignée reviennent. Aux commandes de sa balayeuse de 35 tonnes, Alexis Lévrier ratisse jusque dans les coins les plus sombres.

Éléments de langage

Les éléments de langage de Jean-Noël Barrot sont repris au vol depuis le studio d'Europe 1 d'où ils furent lancés : « Non, l'Arcom ne ferme pas arbitrairement une chaîne, elle réattribue simplement une fréquence qui appartient à l’État. » La tentative de faire passer une guillotine pour un ciseau de sculpteur est méritante. Le groupe Bolloré est remis pour la centième fois sur le métier. Cet homme richissime (comparé au milliardaire dans le besoin Patrick Drahi, qui fut contraint de vendre BFM TV pour joindre les deux bouts) dépense et gaspille son argent pour infester les médias de ses pensées nauséabondes. Ce discours cent fois martelé ne parvient pas à effacer les taches laissées par C8. Il faut frotter et frotter encore.

Le spécialiste dénonce « l’arrivée de figures médiatiques dans des émissions qui, au nom de la liberté d’expression, ont donné une place à l'extrême droite ». Prises en étau par ces forces factieuses, France Inter résiste, France 2 se débat et Libération fait ce qu'il peut. Dans l'émission Touche pas à mon poste !, un jour, Jordan Bardella a fustigé « les ayatollahs de la pensée unique ». S'il n'en reste qu'un, il lavera l'outrage jusqu'à ce qu'il ne reste rien. À la manière de Marie-Pierre Casey vantant les mérites d'un dépoussiérant, Alexis Lévrier faillit ajouter : « Et c'est tant mieux, parce que je f'rai pas ça tous les jours ! »

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Jany Leroy
Chroniqueur à BVoltaire, auteur pour la télévision (Stéphane Collaro, Bêbête show, Jean-Luc Delarue...)

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