Aïd el-fitr : les municipalités déroulent le tapis rouge aux musulmans

Pendant que les municipalités facilitent l’aïd, les crèches de Noël, elles, continuent d’être interdites.
Capture d'écran X
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Ce dimanche 30 mars a marqué la fin du ramadan pour des millions de musulmans à travers le monde, y compris en France. Hijabs, abayas, qamis et parfois même niqabs étaient bien visibles, dans de nombreuses villes hexagonales, à l’occasion de l’aïd el-fitr. Une journée durant laquelle les fidèles saoudiens, algériens ou afghans n’avaient rien à envier à nos compatriotes musulmans, tant les municipalités leur ont déroulé le tapis rouge.

Prières publiques à perte de vue

Les images, saisissantes, ont fait le tour des réseaux sociaux. Des foules immenses envahissant les rues, les salles d’exposition ou communales ainsi que les stades et terrains de football mis à disposition des imams pour la prière collective de l’aïd. À Grenoble, au moins 35.000 personnes ont répondu à l’appel de la prière organisée au parc événementiel Alpexpo. Un record, selon Le Dauphiné libéré, si bien qu’« il a même fallu deux prières pour contenter tous les fidèles ». À Montpellier, le complexe annexe de la Mosson accueillait 15.000 participants, tandis que le palais Nikaïa de Nice en recevait entre 10 et 15.000. À Marseille, 10.000 fidèles ont investi le parc des expositions, tandis que ceux de Poitiers et Pau ont également accueilli des milliers de personnes. La grande halle d’Auvergne de Clermont-Ferrand a, quant à elle, rassemblé au moins 15.000 croyants. À Besançon, plus de 2.000 fidèles se sont réunis dans le gymnase du palais des sports et le stade de la Garenne, à Châlette-sur-Loing, ne comptait pas moins de 4.000 participants. À Nantes, le parc de la Roche a également attiré des milliers de personnes, a-t-on pu voir sur le compte Facebook de l’une des quinze mosquées de la ville.

Quant à la ville de Saint-Denis, le stade Auguste-Delaune prévoyait trois offices pour la journée, en prévision des milliers de personnes venues assister à la prière, comme en témoignent les images publiées sur le compte Instagram aux 25.000 followers « Je vis à Saint-Denis ». Dans une autre publication, le même compte s’est d’ailleurs insurgé contre un certain « clientélisme religieux » du maire de la ville, Mathieu Hanotin, venu prononcer un discours au gymnase Maurice-Baquet à l’occasion d’un rassemblement similaire. L’élu socialiste aurait « osé parler de laïcité [dans] une tentative maladroite de normaliser une démarche qui va à l’encontre même du principe de séparation entre politique et religion ». Façon de remercier les Dionysiens de leur avoir prêté cette salle publique.

La liste est encore longue. Le site Trouve ta mosquée recense d’ailleurs les lieux – religieux ou laïques – où ces rassemblements ont eu lieu à travers le pays, notamment à Bordeaux, Goussainville ou Gennevilliers.

Laïcité à sens unique ?

Dans le même temps, les crèches catholiques dans les espaces publics font toujours l’objet d’une chasse aux sorcières acharnée. Le contraste est saisissant, pour ne pas dire déroutant… Prenons le cas emblématique de la mairie de Beaucaire, dans le Gard, une nouvelle fois contrainte, cette année, de livrer bataille contre le tribunal administratif de Nîmes. Saisie par la Ligue des droits de l’homme (LDH), la Justice a ordonné le retrait de la crèche provençale installée dans le hall de l’hôtel de ville au motif qu’elle violerait la loi de 1905 sur la séparation de l’Église et de l’État. À la clef, une amende de 1.000 euros par jour d’exposition supplémentaire.

Même son de cloche à Béziers, où la municipalité, sommée par la Justice de retirer la crèche de Noël installée dans la cour d’honneur de l’hôtel de ville, a fini par la déplacer sur le parvis du bâtiment. Une résistance symbolique... mais contrainte.

Pourra-t-on compter sur la LDH pour venir crier au scandale après cette démonstration de laïcité à deux vitesses ? En attendant, le sénateur Stéphane Ravier questionne, à propos de Marseille : « La ville aux 111 clochers sera-t-elle, demain, la ville aux 111 minarets ? »

Vos commentaires

60 commentaires

  1. De toutes façons, le principe même de la démocratie appelle à ce genre de déviations. Quand un maire est élu, il ne promet pas de répondre exclusivement à une population ou à une autre, même si c’est la sienne, il promet de répondre aux lois en vigueur et éventuellement au bien-être des habitants de sa commune. Alors pourquoi s’étonner de cette déviance pernicieuse, quel maire accepterait de faire tout pour ne pas être réélu ?
    .

  2. Voici la preuve du grand remplacement , de la submersion migratoire , il suffit de regarder dans les rues partout en France, et d’entendre prononcer le mot ramadan assez souvent .
    Et les élus vont à la pêche aux voix , jouent les accommodements raisonnables , jouent avec le feu .

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