Après le choc judiciaire, au RN, les militants sont déterminés

Après l’effet de sidération, chez les militants et sympathisants sonnés mais combatifs, la résistance s’organise.
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Depuis le verdict et la condamnation judiciaire de Marine Le Pen par le tribunal correctionnel de Paris, si l'on en croit les responsables du parti à la flamme, les sièges des fédérations du Rassemblement national semblent débordés. Facilement imaginable, à l’écoute de quelques réactions sur les ondes radiophoniques : « Je suis hors de moi, je n’ai jamais voté RN mais je peux vous garantir que si Bardella se présente à l’élection présidentielle, je vote pour lui ! » entend-on, sur RTL. Un auditeur au micro de Sud Radio avertit : « La démocratie est entachée. On va se révolter à notre façon... Il ne faudra pas s'étonner quand il y aura 20 millions de personnes dans les rues. »

« Une très forte mobilisation », selon les fédérations RN, et un pic d'adhésions

Sur le terrain, les responsables départementaux du RN contactés par BV attestent tous d’une « grande ferveur » et d’une « très forte mobilisation ». « La première vague d’appels et de mails provenait des adhérents qui souhaitaient partager leur incompréhension et leur sidération », nous explique Tiffany Joncour, déléguée départementale et députée du Rhône. « Désormais, ce ne sont plus des militants qui nous contactent, mais des personnes désireuses d’exprimer leur indignation », précise-t-elle.

Le parti a indiqué avoir reçu 10.000 adhésions en 24 heures et « 150 arrivent toutes les dix minutes ». C’est un « pic d’adhésion », nous assure l’élue rhodanienne, qui « dépasse la mobilisation qui avait suivi les émeutes après la mort de Nahel ». Si les chiffres sont centralisés à Paris, toutes les fédérations attendent avec impatience le retour hebdomadaire du siège qui, vendredi, transmettra les chiffres des adhésions de la semaine. La pétition lancée suscite quant à elle un fort engouement , avec 300.000 signatures annoncées, malgré un dysfonctionnement du site et un « piratage », nous précise-t-on. « Nous avons des vieux militants historiques qui nous appellent pour soutenir Marine et signer un registre, car ils n’ont pas Internet », nous confie, admiratif, Amaury Navarranne, conseiller régional PACA. En terre vauclusienne, après le choc, « un élan s’est levé », nous assure Thierry d’Aigremont, délégué départemental et conseiller régional. « Nous recevons énormément de témoignages de sympathie et de soutien, très au-delà de notre cercle traditionnel de militants », s’enthousiasme le cadre qui milite au RN/FN depuis près de 35 ans. Les bonnes volontés affluent de toutes parts. Dans le Vaucluse, toujours, une banderole est prête à faire le tour des autoroutes du département : « Pour la France : résistance #jesoutiensMarine. » Dans le pays varois, le délégué départemental et député Franck Giletti résume les retours des militants ainsi : « Beaucoup de colère. » Ils veulent tous savoir comment « aider et soutenir » Marine Le Pen et expriment une « grande volonté de manifester ».

La grande inconnue : Paris place Vauban

Si, comme l’indique Tiffany Joncour, l’objectif est de « rassembler les troupes à Paris qui est le point d’orgue », une exception est faite à Marseille pour faciliter la mobilisation méridionale. Franck Allisio, délégué départemental et député des Bouches-du-Rhône, annonçait, mardi matin, sur France Bleu, un rassemblement à Marseille. Il se déroulera le samedi 5, la veille de la manifestation parisienne qui est prévue le dimanche 6 avril à 15 heures, place Vauban. Elle sera le premier véritable pouls de la réaction de l’opinion et des incidences de la condamnation judiciaire de la députée du Pas-de-Calais. Une mobilisation en demi-teinte serait synonyme d’échec pour Marine Le Pen, qui a besoin de l’appui de sa base militante pour asseoir sa légitimité après son entrée dans une zone de grosses turbulences. Autour de « 10.000 », l’objectif sera atteint, estime un cadre du parti qui pense que l’essentiel reste « d’occuper la place et de maintenir la pression ». Un courriel a été envoyé à tous les militants pour les inviter à se mobiliser à Paris afin de montrer « à ceux qui voudraient tourner la page de la démocratie » que « la volonté du peuple est la plus forte ».

Très peu nombreuses sont les voix qui, en interne, évoquent Jordan Bardella. Si elles existent, elles ne semblent pour l’instant pas entacher la notoriété et la place de Marine Le Pen. Bien au contraire, la base militante semble plus décidée que jamais de faire entendre sa voix. Au RN, dans la bataille, on fait front.

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Yves-Marie Sévillia
Journaliste chez Boulevard Voltaire

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