[Bonne nouvelle] Quand l’actualité nous fait désespérer…

Personnage mythique ou légendaire, de bande dessinée que l’on qualifie de super ou, tout bonnement, celui qui tient le rôle principal d’une histoire, le héros peut revêtir différents sens. Mais laissons de côté la littérature pour nous intéresser plutôt à cette autre figure du héros, celui qui, selon Le Robert, « se distingue par ses exploits ou un courage extraordinaire ». Pas du fait de ses pouvoirs magiques, mais bien de sa magnanimité, tel que Victor Hugo l’écrivait : « On peut s'enivrer de son âme. Cette ivrognerie-là s'appelle l'héroïsme. »
Notre roman national est riche de figures héroïques, des guerres de Vendée à celles des tranchées, sans oublier cette petite bergère qui renversa le cours d’une autre guerre, et il serait bien difficile de dresser une liste exhaustive de tous ces grands personnages qui ont façonné les plus belles pages de notre Histoire et qui continuent de l’écrire encore aujourd'hui. Sans compter tous ces héros anonymes du quotidien qui, de manière totalement invisible, œuvrent au service du bien commun.
Mus par la foi, le courage et la beauté
On pensait que la France était perdue, que la société se fourvoyait entre individualisme, consumérisme et relativisme, qu’elle avait renié ses racines, son passé. Pourtant, et c’est plutôt rassurant, quand tout va au plus mal, un sursaut indicible rejaillit et fait naître quelque chose de beau. Le héros français n’est pas relégué sur les étagères de livres empoussiérés. Il sait se lever, faire preuve d’audace et d’humilité. Alors, simplement pour le plaisir en ces temps perturbés, petit florilège de quelques héros que l’on doit remercier.
Le 15 avril 2019, nos héros sont des soldats du feu. Ils nous livrent des témoignages édifiants de courage, d’espoir et de foi. À leur tête sur le parvis de Notre-Dame de Paris, le général Gallet raconte, alors que tous les indicateurs sont au rouge, que la brigade a déjà perdu quatre hommes en un an, mais que le « risque est accepté et consenti », et évoque l’ultime manœuvre de cette nuit-là : « S’il y avait des civils en danger, je prendrais le risque sans hésiter une seconde. S’il s’agissait d’un bâtiment quelconque, je n’irais pas. Mais c’est Notre-Dame. Mon esprit oscille entre la rationalité, celle qui doit guider toutes nos décisions lors d’une intervention, et l’intuition. Elle a aussi sa part. Celle-ci me souffle que nous devons tenter le tout pour le tout. C’est Notre-Dame, la culture, l’Histoire de notre pays. Un peu de son âme. » Certes, le risque fait partie de la mission du sapeur-pompier, mais il n’en fait pas moins un héros.
À ce sujet — Annecy, un révélateur des trois France
Autre héros tombé en mission et reconnu par la nation, Arnaud Beltrame, après s’être volontairement substitué à un otage au cours de l’attaque terroriste à Trèbes, le 23 mars 2018. Qui mieux que Nicolle, sa mère, pour décrire le geste de son fils ? « Arnaud ne s'est pas sacrifié, il n'était pas exalté, mû par sa foi comme on a pu l'écrire. Il était croyant et il allait se marier religieusement au mois de juin. Mais Arnaud avait le goût de la vie. Quelque temps auparavant, il avait participé à un entraînement de simulation d'une attaque dans un supermarché. S'il est entré dans ce magasin, c'est parce qu'il pensait réussir à maîtriser l'assaillant et non pour mourir. Il avait une telle force de conviction… »
Valeurs chevaleresques et sens du devoir
Ce héros-là est désormais indissociable de son célèbre sac à dos. Henri d’Anselme se décrit comme « le cliché incarné » : scoutisme, famille nombreuse, « la foi, qui enseigne une certaine moralité, la notion du bien et du mal ». En s’interposant, le 8 juin 2023, face à l’assaillant d’Annecy, Henri d’Anselme a fait preuve, lui aussi, d’un grand courage qui aurait pu lui coûter sa vie. Il témoigne : « [...] On est capable d’agir efficacement à partir du moment où l’on refuse de courber la tête face au mal. C’est un acte de la volonté profonde. Si j’ai pu réagir de cette façon, c’est parce que cela faisait deux mois que je me nourrissais de beau, d’essentiel. Le mal que faisait ce pauvre type m’est apparu insupportable. »
Enfin, ce dernier n’a rien, en apparence, d’un soldat ou d’un chevalier. Christian Berroyer est agent d’entretien dans un lycée. Et pourtant, lui aussi a agi de manière héroïque en s’interposant, le 13 octobre 2023, à l'assaillant du lycée d’Arras. Ses proches ont salué la bonne action, mais lui a répondu : « Non, pour moi, j’ai fait mon devoir de Français qui a fait son possible pour éloigner l’agresseur. » Et comme le rappelait si bien notre consœur dans ces colonnes : « Être citoyen est un droit, être français est une attache. Cette attache a trait au cœur, et c'est bien le cœur qui a guidé Christian, lorsqu'il a mis sa collègue enceinte en sécurité, lorsqu'il s'est jeté dans l'arène pour maîtriser l'assaillant. »
Alors que l’actualité nous fait chaque jour un peu plus déchanter, puissent ces quelques exemples édifiants nourrir notre espérance que tout n’est jamais complètement perdu…
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24 commentaires
Merci pour cet article réconfortant. Cependant, Jeanne d’Arc était de sang royal comme le prouvent les armoiries aux fleurs de lys de sa famille. Elle était la demi-soeur de Charles VII et n’a jamais dû toucher une brebis de sa vie.