[EDITO] Le Monde et l’extrême gauche : Beuve-Méry se retourne dans sa tombe

En racontant les états d’âme de la rédaction du Monde sur le conflit israélo-palestinien, la journaliste du Figaro Eugénie Bastié a mis les pieds dans le plat. Comme sur le champ politique, le conflit qui oppose l’État hébreu aux Palestiniens soutenus par le Hamas creuse en effet peu à peu une césure entre les milieux intellectuels parisiens, de plus en plus déconnectés, et les sentiments de la majorité des Français. Au sein du journal, le sujet est tabou, constate Eugénie Bastié. « Les gens ont peur, c’est l’omerta », lui a confié une journaliste. Le sujet, explosif, divise les effectifs. Le journal « a toujours été pro-palestinien », explique Bastié, mais désormais, cette position historique vire à la sympathie pour le Hamas et à la haine envers l’État hébreu. On trouve dans la rédaction des autocollants « Stop génocide », « des caricatures affichées frisent l’antisémitisme ou le complotisme », écrit-elle. Dans le viseur, le service société, le service international où sévit Benjamin Barthe, rédacteur en chef adjoint des pages internationales, très engagé en faveur de Gaza et très flatteur envers l’égérie de LFI Rima Hassan, accuse l’article.
«Les gens ont peur, c’est l’omerta » : au Monde, un malaise grandissant sur le traitement d’Israël dans le journal https://t.co/e2ySP7Ynnb
— Eugénie Bastié (@EugenieBastie) December 17, 2024
Contacté par Le Figaro, le directeur du Monde Jérôme Fenoglio défend l’institution. Il considère que Benjamin Barthe est « un excellent spécialiste du Moyen-Orient, visé depuis des mois par une campagne virulente qui cherche de fait à infléchir notre couverture du conflit en cours ». Le directeur délégué aux relations avec les lecteurs Gilles van Kote répond, de son côté, à un lecteur mécontent de la gauchisation du journal : « Ce que je constate, c’est qu’une partie du lectorat du Monde s’est droitisée, tout comme l’ensemble de la société. » Pour lui, Le Monde demeure la boussole de la neutralité : c’est le reste du monde qui dérive. « Il n’y a de pire aveugle que celui qui ne veut pas voir », dit la sagesse populaire.
Beuve-Méry, un enfant de l'Église et du patriotisme
Le flagrant délit en gauchisation du Monde est intéressant à plus d’un titre. Le journal a, malgré tout, conservé chez certains le prestige du grand journal du soir « de référence », avec particule. Comme le snobisme a la vie dure en France, on s’accroche encore, dans les milieux intellectuels, à cette étiquette d’un autre temps. Car « de référence », Le Monde l’était au temps de ses fondateurs et du premier d’entre eux, Hubert Beuve-Méry.
Or, la vie et la pensée de Beuve-Méry, mort en 1989, sont aussi éloignées que possible de ce qui anime les journalistes du Monde qui fête, ce 19 décembre, ses 80 ans. Né dans une famille très pauvre, le futur directeur et l'âme du quotidien du soir a bénéficié des soins attentionnés du clergé jusqu’à l’âge d’homme. C’est un patriote qui participe, en 1941, à l’expérience de l’école d’Uriage, une école de cadres destinés aux Chantiers de jeunesse. Beaucoup d'élèves et de cadres d'Uriage s’engageront dans la résistance lorsque l'école sera fermée sur décision de Pierre Laval, en 1942. Hubert Beuve-Méry rejoint les FFI. Lorsque de Gaulle l’appelle à relancer sous un autre nom l’hebdomadaire Temps présent, arrêté pour avoir continué à paraître sous l’Occupation, Beuve-Méry accepte. Il dirigera Le Monde presque jusqu’à sa mort et finira par s’opposer à de Gaulle. Mais on est, avec Le Monde d’alors, loin de la gauche LFI. Comme France Inter s’est éloignée du France Inter d’Alain Decaux. Comme France Télévisions a dérapé à gauche, très à gauche, durant la même période.
Le bout d'un système
Comment en est-on arrivé là ? Il faudrait parler de la mutation des cathos de gauche qui ont depuis longtemps balancé les crucifix pour passer à l’extrême gauche tiers-mondiste, de l’influence du directeur de la rédaction du Monde Edwy Plenel, trotskiste militant, qui fondera Mediapart, des recrutements massifs menés du Monde au sein de la rédaction de Libération, de la tentation LFI parmi la jeune génération des journalistes ou encore du wokisme galopant parmi la gauche intellectuelle parisienne. Écrire qu’une « partie du lectorat du Monde s’est droitisée, tout comme l’ensemble de la société », c’est sans doute vrai si l’on regarde la poussée récente du RN et la chute de la gauche dans les profondeurs des sondages. Mais c’est nier l’histoire d’un journal né dans le giron du christianisme social et du gaullisme, qui aura viré vers la gauche militante sous Mitterrand jusqu'à frayer avec l'extrême gauche antisémite aujourd'hui. Comme la gauche, coupée de sa base à force de déconnexion avec les Français, Le Monde arrive peut-être au bout d’un système.
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30 commentaires
Ce journal n’est plus qu’un torchon, qui ne survit que grâce aux subventions.
Le Monde est l’opium de la gauche et de ses extrêmes (Pour paraphraser Lénine).
Et d’ailleurs, qui d’autre le lit actuellement; sans les subventions de l’État, il serait en faillite.
C’est Sarko qui a ouvert grand les portes à la gauche caviar mondialo-islamiste et au Qatar qui les héberge. La dérive à gauche contre le peuple français qui revendiquait le droit à sa souveraineté, c’est lui . Il est par ailleurs condamné ! Enfin !
D’abord le Monde est de gauche depuis très longtemps, voir ses positions par rapport à la guerre du Vietnam par exemple. Ensuite ce n’est pas être de gauche que de s’indigner des massacres de population et de la colonisation en cours à Gaza, et maintenant sur le Golan.
Tout est dans le recrutement ! Quand on ne recrute que des personnes qui pensent toutes pareil, on obtient une co-sanguinité intellectuelle qui n’accouche que des déficients (comme pour la génétique).
Bonjour,
Dénoncer les dérives médiatiques c’est très bien mais, à lire les commentaires de certains abonnés au « Figaro », je constate que ce phénomène touche aussi ce journal, dit de droite. Nombreuses sont les intentions de désabonnement….
Pendant des années j’ai acheté le Figaro en kiosque. Puis internet arrivant je l’ai lu devant mon ordi. Le Figaro depuis 7 ou 8 ans n’est plus qu’une feuille de chou gauchisante. Prenons le cas d’Eugénie Bastié par exemple. Cette jeune journaliste croit être de droite. Mais elle est passée par Sciences Pipeau, et cela se sent à sa manière de raisonner. Enfin, l’idée d’aller faire un reportage sur L’Immonde montre, en creux, son véritable tropisme. N’importe qui de sensé et éloigné de l’esprit faisandé de Saint-Germain des Prés serait allé faire un reportage sur n’importe quoi d’autre.
Le Figaro est sur une très mauvaise pente. Il est de plus en plus mal écrit (fautes de Français), articles (sic) ayant pour sources uniques l’AFP (nid de cocos tiers-mondistes) et articles sur des sujets de plus en plus débiles que Gala ou Point de Vue n’auraient pas reniés.
Effectivement, vous avez raison, nombre de lecteurs écrivent en commentaires qu’ils vont se désabonner.
Le Monde, c’est devenu Charlie Hebdo et Libération réunis, sans les dessins.
Ce journal est ainsi depuis toujours rien d’étonnant
Tout à fait, M. Baudrillet. Mais loin de toutes ces circonvolutions désormais (largement) dépassées, il conviendrait d’appeler « un chat, un chat », et d’arrêter de rappeler ce que Le Monde a été en un temps désormais ancien. Et de le qualifier plutôt « d’organe officieux de l’extrême gauche », de « porte parole du wokisme », de « soutien du mondialisme « , ou je ne sais quoi d’autre encore. Rappeler le passé glorieux amène à croire qu’il pourrait en rester quelque chose….
Ce torchon n’a jamais connu d’époque « glorieuse ». Cette façon d’idéaliser Beuve-Mery qui aurait permis à ce torchon de connaitre un âge d’or est parfaitement inepte. L’Immonde a toujours été un compagnon de route du socialisme et a largement contribué à l’élection de Mitterrand en 81
Ce journal il fut un temps nous l’avions connu plus ouvert a la réalité mais tout évolue et pas toujours dans le bon sens. Comme beaucoup de Français nous avons côtoyé souvent de gens de confession Juive comme le sont les Israéliens dont leur culture est largement comparable à la notre et vivant parmi nous tout a fait paisiblement, on ne peux en dire autant aux émules Palestiniens plutôt redoutable en exemple cette récente actualité d’une personne dans une manifestation parisienne qui viens d’être condamné pour appel a la violence si légèrement.
En 2023, avec 18,99 millions d’euros perçus, Le Monde est en tête des groupes de presse à avoir reçu des subventions de l’État.
Il y a quelques années j’avais lu deux livres : le monde tel qu’il est de Michel Legris et La subversion de Roger Muchelli (pardon pour l’ orthographe?)… édifiants de vérité a l’époque déjà !
il faut boycotter ce torchon ainsi que tous ceux d’extrême gauche.
Je ne me servirais même pas de ce journal comme sac poubelle. Je souhaite une chose, c’est qu’une fois le camp national aux pouvoir, que toutes les subventions à la presse seront supprimées et compte tenu déjà que ce n’est pas le nombre de lecteurs que ce journal de propagande wokiste a qui le fait vivre.Sans aide de l’état,il disparaitra en quelques semaines, voire quelques mois tout comme France Inter et consorts, et alors là,fini les entreprises de déconstruction de ces journaux.
Il est difficile de rester insensible au destin de ce journal, qui ressemble énormément à l’évolution des stations de Radio France, gangrènées par l’extrême gauche. Cette dernière peut se targuer d’avoir réussi à compenser ses faibles scores électoraux par une influence médiatique substantielle.
Le surnom de ce torchon est : »l’immonde » bien trouvé pour « le monde »
Bravo !!
…oui ! L’Immonde, le quotidien de révérence à JL Mélenchon !!!