[EXPO] Tarsila do Amaral, caïpirinha parfum woke
![Tarsila do Amaral © Samuel Martin Tarsila do Amaral, Batizado de Macunaíma [Baptême de Macounaíma], 1956. Huile sur toile, 132,5 x 250 cm. Collection particulière. © Samuel Martin](https://media.bvoltaire.fr/file/Bvoltaire/2024/10/IL20241023154121-tarsila-do-amaral-bapteme-samuel-martin-scaled-929x522.jpg)
Tarsila do Amaral (1886-1973) est une artiste brésilienne qui appartint au « groupe des Cinq », fer de lance de la modernité dans la première moitié du XXe siècle. Elle était issue d’une famille de grands propriétaires terriens de la région de São Paulo, famille blanche et cultivée. Ces informations ethnico-sociales ont leur importance dans l’approche qui est faite de l’artiste par le musée du Luxembourg.

Tarsila do Amaral, Auto-retrato (Manteau rouge)[Autoportrait (Manteau rouge)]. 1923. Huile sur toile, 73 x 60,5 cm. Museu Nacional de Belas Artes, Rio de Janeiro. © Museu Nacional de Belas Artes/Ibram, Rio de Janeiro / photo Jaime Acioli © Tarsila do Amaral Licenciamento e Empreendimentos S.A
En 1928, Oswald de Andrade publie le Manifeste de l’anthropophagie. Celle-ci, écrit Ana Avelar, « semble l’allégorie idoine pour représenter le rapport entre colonisés et colonisateurs », où les premiers choisissent ce qu’ils veulent digérer du second. Le manifeste signe le retour à un primitivisme fantasmé et donne naissance à toutes sortes de toiles de Tarsila plutôt creuses où l’on ne sait pas qui, du surréalisme ou du symbolisme, a mangé l’autre. Un tableau comme Urutu renverrait à « une époque précoloniale, précapitaliste et préreligieuse ».

Tarsila do Amaral, A Feira I [Le marché I]. 1924. Huile sur toile, 60,8 x 73,1 cm. Collection particulière. © Photo Romulo Fialdini © Tarsila do Amaral Licenciamento e Empreendimentos S.A
Malgré ces accusations, il est beaucoup pardonné à l’artiste. Car, bien que blanche et riche, elle fut communiste. Elle fit le voyage de Moscou en 1931 pour rencontrer le peuple soviétique « animé d’une mentalité saine et inédite, avec ses lois naturelles et ses poumons libres et capables de respirer l’air le plus sain des libertés », dira-t-elle à la presse. Inopportune remarque à l’époque des grandes famines et des déportations. Rentrée au pays, Tarsila fut emprisonnée un mois (le Brésil n’entretenait pas de relations officielles avec l’URSS). Si déplaisant que fût le traitement, il était bénin comparé à ce que vivaient au même moment les peintres et les écrivains dans les camps du goulag, institution fondée en 1930 par Staline.

Tarsila do Amaral, Operários [Ouvriers]. 1933. Huile sur toile, 150 x 205 cm. Acervo Artístico-Cultural dos Palácios do Governo do Estado de São Paulo. © Artistic-Cultural Collection of the Governmental Palaces of the State of São Paulo / photo Romulo Fialdini © Tarsila do Amaral Licenciamento e Empreendimentos S.A
• Tarsila do Amaral, Peindre le Brésil moderne. Jusqu'au 2 février 2025, musée du Luxembourg, 19, rue Vaugirard, 75006 Paris. Tous les jours de 10h30 à 19h, nocturne les lundis jusqu’à 22h.
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2 commentaires
Aucun intérêt à connaître ce genre d’artiste,on pluie reconnaître un certain talent mais ça s’arrête là, je pense que la plupart d’entre nous avons autre chose à penser que de s’arrêter sur les états d’âme de cette personne. J’ai souvent eu la conviction que pas d’artistes,que ce soit des peintres, auteurs ou chanteurs étaient tracassés du « bulbe » comme on le dit parfois
Tarsilia est également connue pour avoir, sur la fin de sa vie, coloré le « Tropicalisme », mouvement artistico-anarcho-psychédélique créé en réaction à la dictature militaire qui débuta en 1964.