La chasse aux personnes handicapées est ouverte

Les propos eugénistes et discriminants du député Philippe Vigier tenus à la tribune de l’Assemblée nationale sont d’une violence inouïe. Ils ne sont pas sans rappeler les pages sombres et indignes de notre histoire où les personnes indésirables, ne correspondant pas à une norme sociale, étaient effectivement traquées…
« Il faut traquer, oui, je dis traquer les embryons porteurs d’anomalies chromosomiques », déclarait le député de la quatrième circonscription d’Eure-et-Loir, président du groupe Libertés et Territoires.
Ces propos tenus par Philippe Vigier lors du vote, en première lecture, de la loi de bioéthique à l’Assemblée nationale sonnent donc l’ouverture de la chasse aux personnes les plus fragiles de notre société, décrites apparemment comme une proie à « traquer ». Le choix de ce verbe est d’autant plus glaçant qu’il signifie, d’après le Larousse : « Pourchasser quelque chose pour le supprimer. » Les familles qui accueillent un enfant handicapé doivent-elles s’inquiéter de savoir si la « traque » pourra concerner aussi les personnes dites « anormales » qui ont pu voir le jour ? Les personnes considérées comme « anormales » devront-elles porter un signe distinctif ?
Face à ces propos outranciers et extrêmement choquants, les réactions ne se font pas attendre sur les réseaux sociaux. Parmi elles, celle de l’abbé Grosjean, du Padreblog, twittant : "Jamais à la tribune des mots aussi violents n’avaient été ainsi prononcés. Ainsi M. Philippe Vigier, oserez-vous les redire en regardant ma petite sœur handicapée dans les yeux ?"
Si le député réaffirme « avec force son opposition à la marchandisation du corps », paradoxalement, il salue les « avancées » de la loi et notamment la PMA pour toutes.
Sur son site internet (philippevigier.com/portrait/), le député souligne même qu’il "est nécessaire de réformer en profondeur notre modèle social, pour continuer à aider les plus fragiles et garantir à chaque Français et à chaque Française qu’ils seront protégés contre les aléas de la vie".
On cherchera (ou pas) la cohérence de sa pensée, et pour défendre la dignité de la personne humaine, l’on repassera.
Finalement sur Twitter, Philippe Vigier répondra à l’abbé Grosjean : « Je regrette le mot employé inadapté, je m’en excuse. » Même si ce n’est pas tant le mot qui est en cause que l’idée abjecte, faute avouée à demi pardonnée, Monsieur le Député. Mais le pardon n’est pas l’oubli.
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