La grosse ficelle de la mission parlementaire et de sa consultation citoyenne sur le cannabis « récréatif » : il faut réagir !

Il y a une parfaite indécence à effectuer cette enquête dans le contexte sanitaire terriblement anxiogène qui mobilise toute l’attention des non-consommateurs de cette drogue...

Les responsables politiques interrogent les citoyens quand la réponse qu’ils sont sûrs d’obtenir est celle qu’ils veulent mettre en œuvre ! C’est ainsi que la « consultation citoyenne » sur le cannabis, qualifié par euphémisme de « récréatif », est assurée de recueillir l’avis favorable à sa légalisation de ses 1.500.000 « usagers réguliers ». S’y ajoutera celui d’addictologues à contre-emploi, rêvant d’agrandir leur fonds de commerce, alors que l’on constate chaque jour davantage leur incapacité de sortir de cette addiction ceux qui y ont succombé.

En face de leurs actions concertées, on attend surtout l’indifférence ou la passivité prévisible des autres citoyens. Dans cette période, ils se sentent plus concernés par l’expansion de la pandémie, les mutants du virus, la lenteur de la vaccination ou un nouveau reconfinement. Les désastres à plus long terme du cannabis ne leur semblent pas une menace immédiate. Pourtant, cette drogue en est une ; tout spécialement pour notre jeunesse, qu’elle affecte toujours en plus grand nombre et de plus en plus précocement. C’est l’avenir de notre nation qui est en jeu ; mais ceux qui les interrogent se gardent bien de le leur dire.

Il y a une parfaite indécence à effectuer cette enquête dans le contexte sanitaire terriblement anxiogène qui mobilise toute l’attention des non-consommateurs de cette drogue, c’est-à-dire encore une très grande majorité de Français ; « encore », car la légalisation du cannabis pourrait faire s’envoler le nombre de ses consommateurs vers les 13 millions de fumeurs irrépressibles de tabac.

Le chiffre d’un million et demi « d’usagers réguliers » de cannabis est énorme, s’agissant d’une drogue illicite. Il est le résultat de la négligence ou de la complaisance, voire de la volonté de certains « décideurs » (lisez, sans l’acheter, le récent livre Toxic dans lequel Bernard Kouchner, qui fut à plusieurs reprises aux affaires et suscita le fallacieux rapport Roques, milite d’une façon éhontée avec quatre autres comparses pour la légalisation de toute les drogues).

Les « décideurs » ont pensé qu’en fermant les yeux, ils obtiendraient la paix dans les quartiers sensibles - on connaît la suite. Ils ont laissé la Justice classer presque systématiquement sans suite le délit des individus interpellés, au point de démotiver l’action des forces de police. Ils ont permis que « l’Éducation » nationale ne pratique aucune action de prévention digne de ce nom ; comme l’a déploré l’Observatoire européen des toxicomanies, constatant que la France, parmi les 27 États membres de l’Union européenne, est le tout premier consommateur de cannabis. Sans réagir, ils ont laissé banaliser cette drogue, dans les médias et par des associations qui bénéficient pourtant de subventions d’État. Ils n’ont pas contribué à la diffusion d’importantes données sur les effets épigénétiques ainsi que les perturbations de la maturation cérébrale induits par le cannabis, son poids énorme dans les maladies psychiatriques en progression, la crétinisation de beaucoup de nos jeunes. Une solide information du public aurait pu enterrer la déplorable idée de sa légalisation, d’où ce silence. À plusieurs reprises, ils ont laissé croire que cette légalisation était imminente, et ils recommencent aujourd’hui.

De façon œcuménique, la présidence de la mission parlementaire à l’origine de cette consultation est assurée par un député LR (Robin Reda) et sa vice-présidence par un porte-parole de LREM (Jean-Baptiste Moreau), agriculteur creusois qui ambitionne de faire de son département celui du cannabis français. Comme le marché qu’ouvrirait le cannabis dit « thérapeutique » (objet de leur précédente sollicitude) serait beaucoup moins important que celui du cannabis dit « récréatif », ils ne s’arrêtent pas en chemin.

La logique et l’honnêteté consisteraient à informer d’abord nos concitoyens. Au lieu des billevesées communément colportées, en donnant la parole à ceux dont l’expression est systématiquement bâillonnée. Ils ont énormément d’informations à leur faire passer. Cette pédagogie étant faite, on pourrait alors seulement les interroger.

C’est dans cette déplorable situation du cannabis, dont nombre de « décideurs » sont responsables, qu’on interroge les Français, avec l’assurance que les réponses viendront très majoritairement des intoxiqués.

Nous prions instamment les autres, ceux qui voient clair malgré l’enfumage pratiqué, de bien vouloir s’exprimer, en répondant à « l’enquête citoyenne ».

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Jean Costentin
Docteur en médecine

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