Lutte contre les passeurs : Retailleau veut s’appuyer sur l’Italie
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Depuis son arrivée à Beauvau, en septembre dernier, le ministre de l’Intérieur prend la thématique de l'immigration très au sérieux et entend lutter contre l’immigration clandestine. Depuis le début du mois, il semble être particulièrement concentré sur la question des passeurs. Après avoir annoncé son intention de « mener une lutte à 360 degrés » contre les réseaux de passeurs et dévoilé une série de mesures allant en ce sens, le 7 février dernier, Bruno Retailleau s’est rapproché de ses homologues britannique, Yvette Cooper, et italien, Matteo Piantedosi, pour organiser une lutte conjointe.
Retailleau sur le pont
Ce vendredi 28 février, il était donc aux côtés du ministre italien pour signer « un arrangement administratif sur l’unité des recherches opérationnelles ». Concrètement, il s’agit d’un accord entre les deux pays permettant la création d’une « force d’investigation, avec des enquêteurs français et italiens, pour démanteler des filières d’immigration », résume Bruno Retailleau. L’objectif : qu’il y ait « une bonne coordination » entre les deux pays et qu’ensemble, ils puissent être efficaces.
Après une séquence décevante, la veille, au Touquet, en compagnie d’Yvette Cooper, Bruno Retailleau, qui n’a rien obtenu (ou presque) de la Grande-Bretagne, devait impérativement redresser la barre. Sur le papier, c’est chose faite avec cet accord qu'il juge être « une sorte de consécration ». La réalité du terrain sera peut-être autre. C’est en tout cas ce que pense Lionel Tivoli, député du Rassemblement national des Alpes-Maritimes : « Renforcer les contrôles aux frontières, confie-t-il à BV, Retailleau en parle depuis longtemps, mais ce n’est toujours pas fait. Après les mots, nous attendons des actes. Nous constatons qu’à la frontière entre Menton et l’Italie, il y a très peu de contrôles. » Lionel Tivoli ajoute : « Retailleau propose des mesures pansements pour éviter l'hémorragie. Nous, on veut assécher le flux. »
Le député qui milite pour la transformation de l’aide médicale de l’Etat en aide médicale d’urgence, à l’image de ce qui s’est fait au Portugal, demande la suppression des « appels d’air, des incitations à venir dans le pays ». Pour cela, il propose, entre autres, de « faire passer des tests osseux à tous les clandestins qui se prétendent mineurs » et, s’ils refusent, « il y a présomption de majorité ». Dans son secteur, Lionel Tivoli est en première ligne de l’immigration clandestine. Il voit les problèmes qu’elle cause.
L’Italie au secours
Il a aussi pu constater que ces derniers mois, il y avait moins de clandestins dans le département. Mais, selon lui, « la baisse de l’immigration dans les Alpes-Maritimes est en grande partie due à l’Italie ». La politique de Giorgia Meloni a en effet des conséquences des deux côtés de la frontière. Preuve que dans cette lutte contre l’immigration et contre les passeurs, l’Italie peut être un allié de poids. Bruno Retailleau ne s’y est pas trompé.
Après l’échec Doualemn et l’attentat de Mulhouse, s’il ne veut pas sombrer, le ministre de l’Intérieur se doit d’avoir des résultats. Reste à savoir si l’Italie sera bien la bouée de sauvetage attendue.
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Un commentaire
Que Retailleau cesse de parler et qu’il agisse. Ah mais oui il ne peut pas agir. Eh bien qu’il s’en aille de ce gouvernement et que ce dernier soit censuré, que Bayrou saute et Macron démissionne.