Migrants : l’Algérie refoule et expulse sans complexe

Les grands bénéficiaires de cette anarchie grandissante sont les passeurs, nouveaux esclavagistes, et leurs complices.
Capture d'écran France 24 sur YouTube
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La France peine à refouler les migrants, puis à exécuter les OQTF prononcées par les préfets. « Je pense qu’aujourd’hui, le taux d’exécution est très bas, moins de 10 % », rappelait le ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau, sur Europe 1 et CNews, le 24 septembre, Nos voisins algériens, eux, ne s’embarrassent pas de telles pudeurs.

Le 1er décembre, La Revue Afrique dévoilait sur X, vidéos à l’appui, que « l’Algérie a expulsé, aujourd’hui, des milliers de migrants subsahariens à travers ses frontières sud avec le Mali et le Niger ».

Si nos grands médias se montrent peu prolixes sur la question, l’Algérie est depuis bien longtemps coutumière d’opérations musclées de ce type, et à un rythme qui s’accélère, ces dernières années.

En juillet 2023, BV relayait les informations recueillies par Info Migrants, qui précisait que les « forces algériennes raflent les migrants chez eux ou dans la rue et les expulsent dans la foulée à la frontière ». Les 15 et 16 juillet, 1.300 migrants venus du Mali, de Guinée et de Gambie, parmi lesquels des femmes et des enfants, auraient ainsi été expulsés manu militari, sans eau ni nourriture. Et en 2022, déjà, plus de 24.000 personnes auraient été expulsées vers un poste frontière du Niger.

Dans de moindres proportions, semble-t-il, la Tunisie aurait opté, elle aussi, pour la manière forte depuis la réélection du président sortant Kaïs Saïed. Le 18 novembre dernier, Info Migrants alertait : « Les prisons sont remplies de migrants subsahariens » condamnés pour « séjour irrégulier ».

D’après Médecins sans frontières, l’Algérie aurait expulsé plus de 22.000 migrants subsahariens, en 2023. Alarme Phone Sahara a, depuis, compté « exactement 19.798 personnes refoulées de janvier 2024 à août 2024 ». Et ce, comme le rappelait BV, en vertu d’une loi de 2008 criminalisant l’immigration irrégulière.

Déstabilisation subsaharienne

Pourquoi cette politique anti-migrants est-elle mise en œuvre et se durcit-elle ? Pour bien comprendre, il faut prendre en compte l’ensemble des territoires concernés, au-delà de la seule Algérie. La plupart des flux refoulés par l’Algérie viennent de son voisin nigérien. Or, la situation a évolué, au Niger, depuis l’an passé. Le 26 juillet 2023, le président Mohamed Bazoum a été renversé par le chef de sa garde et séquestré dans le palais présidentiel. En novembre, le nouveau régime militaire a abrogé une loi de 2015 criminalisant le trafic des migrants.

Dans la foulée, sous la pression du régime, la France a achevé son retrait militaire du Niger et a fermé son ambassade à Niamey. Depuis, on assiste à un sordide jeu de ping-pong entre le Niger et l’Algérie, le premier envoyant régulièrement des flots de migrants vers l’Algérie, laquelle organise périodiquement des convois de retour à l’envoyeur. À chaque fois, le même scénario que celui montré par les vidéos de La Revue Afrique : des camions à bestiaux déversent des milliers de sans-papiers à la frontière avec le Niger, lesquels n’ont pas d’autre choix que de parcourir à pied, sous le soleil, les quinze kilomètres les séparant d’Assamaka, premier poste frontière nigérien. Parmi eux, de nombreux Sénégalais, ce qui ne suscite guère de réactions de la part de Dakar, surtout depuis que le pouvoir en place a été renforcé par sa large victoire aux législatives anticipées du 17 novembre.

Le 28 novembre, le président de la République du Sénégal, Bassirou Diomaye Faye, déclarait qu’il « n’y aura[it] bientôt plus de soldats français au Sénégal ». Autant dire que, la France absente, le trafic (dans tous les sens du terme) sur l’autoroute de la migration subsaharienne ne va cesser de s’accroître. Et si l’Algérie et la Tunisie durcissent désormais leur politique en ce domaine, la brèche ouverte en Libye depuis le renversement de Mouammar Kadhafi en 2011, avec l’appui des Occidentaux et notamment de la France, continue d’alimenter les flux.

Les plus grands bénéficiaires de cette anarchie migratoire grandissante sont évidemment les passeurs, esclavagistes contemporains, dont les trafics sont éminemment rémunérateurs et dont la tâche est grandement facilitée par des complices plus ou moins conscients en France : immigrationnistes ou « humanitaires » rémunérés sur fonds publics, sans parler des partisans des « valeureux » défenseurs des métiers en tension.

Vos commentaires

51 commentaires

  1. Les associations humanitaires perçoivent des millions d’euros pour accueillir des migrants et leur faciliter le passage aux frontières ainsi que leur défense , c’est leur fond de commerce: supprimons les subventions et on résoudra une grande partie du problème et générera de grandes économies en ce temps de disette

  2. Et alors, qui sont les idiots dans l’affaire ?
    Ah oui, c’est vrai la France est le pays des droits de l’homme !

  3. C’est bien que l’algerie garde de la place…pour qu’on puisse y renvoyer bientôt 3 ou 4 millions de leurs ressortissants…

  4. Mais qu’attend la France pour agir comme l’Algérie et renvoyer les OQTF et les clandestins chez eux . Là bas ils n’ont aucun scrupule , rien à faire des droits de l’homme et aucune association pro migrants . Le seul moyen de décourager ce trafic d’êtres humains et surtout de ne plus alimenter les passeurs est de les renvoyer .

  5. Sans être inhumain, il faut bien comprendre qu’il vaut mieux que chacun reste chez-soi. L’aide apportée aux migrants ne se justifie que si elle va alimenter les personnes dans le besoin et non pas les chefs de réseaux mafieux ou les dirigeants de pays qui s’enrichissent sur le dos des pays contributeurs pour satisfaire leur propre intérêt. La France est chassée actuellement par des pays qui ont perçu beaucoup d’aide de sa part. Elle doit faire le tri. Cela exige aussi une remise en cause de l’Europe, dans le domaine du traitement de l’immigration, pour que celle-ci ne fasse plus obstacle au retour de nos frontières. Nous sommes actuellement submergés par des flux migratoires qui dépassent largement nos moyens pour y faire face. Il est temps pour tous de se réveiller. La majorité des Français en est consciente.

  6. Quand je travaillais en Arabie , en 2017 10.000 soudanais en fin de contrat furent expulsés .
    Du coup , ils tentaient leur chance en europe via la libye
    4000 Algeriens qui avaient « oublié » de repartir après le pèlerinage a la mecque. Le gouvernement saoudien fit du chantage aux visas de pèlerinage.
    En 15 j les 4000 algériens étaient repartis.
    De plus, une campagne dans la presse pour mettre en garde les éventuels récidivistes.
    En général dans les pays du golfe , les autorités rendent la vie impossible aux clandestins.
    Ils demandent a repartir d’eux même.
    Sans permis de séjour impossible de faire les actes de la vie courante .
    Et les employeurs qui utilisent des clandestins risquent la fermeture ou la prison .

  7. L’Algérie est moins bête que la France. Avec les moyens de pression divers et variés que nous avons à notre disposition, nous sommes infichus de lui expédier ses ressortissants, et ce malgré les drames qu’ils provoquent sur notre sol.
    Les mous du genou qui ne veulent pas froisser l’Algérie mettent leur propre population en danger.

    • Pour çà il nous faut des hommes courageux. Une espèce qui n’est même plus en voie de disparition en France, puisqu’inexistante.

      • Oh, que oui ! Les pseudo-courageux préfèrent aller faire de l' »humanitaire » : c’est bon pour leur image de marque..

  8. L’Algérie ne s’embarrasse pas de laissez-passer consulaires et elle a raison. Nous devrions faire de même avec ses ressortissants et ceux d’autres pays. J’ai vraiment du mal à comprendre pourquoi nous devrions avoir l’autorisation préalable des pays d’origine pour renvoyer des personnes s’étant introduites illégalement en France ?!?
    Il est vrai que ces pays n’ont pas de cedh, et autres conseils machins gangrenés par le gauchisme, ni d’organisations immigrationnistes financées par le pays. Voilà comment monsieur Barnier aurait pu remettre un budget à l’équilibre plutôt que de (re)charger la mule laborieuse. Mais pour cela il faut du courage.

  9. Je me suis posé récemment la question de l’ouverture de certaines lignes aériennes avec certains pays. Certainement comme vous dites; « les métiers en tension », autre catégorie d’esclavagiste !

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