Mort du chanteur Liam Payne : la malédiction des stars fabriquées par la télé

Le nom de Liam Payne n’était pas spécialement connu en nos contrées, mais dans le monde anglo-saxon, cet Anglais fut une vedette. Ancien de l’émission The X Factor, télé-crochet ayant inspiré nos Star Academy et autres À la recherche de la nouvelle star, il devient en 2010 l’un des quatre membres du boys band One Direction. Il passe ainsi de l’anonymat à la célébrité. Sans y avoir été préparé ? Oui, à en croire les circonstances de sa mort, le 16 octobre dernier.
Il n’est pas de décès joyeux, mais le sien est singulièrement sordide, le jeune homme de 31 ans ayant chuté de la fenêtre de son hôtel de Buenos Aires, en Argentine, et pas par maladresse en fumant une cigarette au balcon. La preuve en est que l’autopsie a révélé qu’il était largement sous substances, ayant fumé de la « cocaïne rose », cocktail de méthamphétamine, de kétamine et de MDMA, le tout relevé d’une bonne dose de crack.
Trop tôt jeté sous les feux de la rampe, trop tôt trop riche ; le tout trop tôt et surtout trop jeune, dira-t-on. Liam Payne n’est malheureusement pas le seul de sa catégorie. Même n’ayant pas connu le même sort funeste – elles sont encore à peu près en vie –, Britney Spears et Lindsay Lohan sont elles aussi coutumières de ces descentes aux enfers. Les deux ont démarré, à peine sorties de l’enfance, chez Walt Disney ; la première au Mickey Mouse Club, la seconde dans les films de la firme aux grandes oreilles. La suite ? Des frasques à répétition les ayant amenées, l’une à l’hôpital psychiatrique, l’autre en prison ; le tout entre deux cures de désintoxication.
Michel Sardou, qui en connaît un rayon sur la profession d’artiste, s’est toujours montré plus que critique sur ces renommées subites : « On fait croire que notre métier est facile alors que ce n’est pas facile. De temps en temps, c’est vrai qu’il y a des filles qui sortent de ça avec du talent mais, en général, quand même dans la masse, ça dure un an et on ne sait plus du tout qui c’était. »
Il est vrai que ce fléau n’épargne pas la France. Florilège.
Mallaury Nataf, révélée au milieu des années 90 dans la série Le Miel et les Abeilles, s’est retrouvée à vivre dans la rue quelques années plus tard.
Filip Nikolic, du boys band 2Be3, est retrouvé mort chez lui, le 16 septembre 2009, d’un abus d’alcool et de somnifères.
Steven Gunnel, d’Alliage, un autre boys band, se retrouve criblé de dettes et dépressif. Il aurait néanmoins retrouvé un certain équilibre dans la foi, songeant même à se faire prêtre…
Le point commun à tous ces jeunes gens ? Une carrière décollant en deux temps trois mouvements, avant de se crasher au sol quelques étés après. Décidément, Michel Sardou parle d’or. Mais au moins ces apprentis chanteurs avaient-ils un semblant de métier, au contraire de leurs homologues de la télé-réalité. Car là, l’hécatombe n’est pas mince non plus.
François-Xavier Leuridan, dit « FX », fut l’un des « héros » de la troisième saison de Secret Story, alors suivie par près de trois millions de téléspectateurs, avant de vite tomber dans les oubliettes. La nuit du 8 août 2011, il se jette sous une voiture. Il ne survivra pas.
Jean-Pierre Nivet goûte à la gloire en participant à l’émission Trompe-moi si tu peux !, en juillet 2010. Ce qui ne l’empêche pas de se suicider le 5 du même mois.
Il est vrai que tout cela avait mal commencé, dès 2001 avec Loft Story, la première émission de télé-réalité française, et sa tête de gondole, Loana Petrucciani, dite « Loana ». Là encore, une gloriole éphémère et une carrière qui ne suit pas. Collection de lingerie, disques, ligne de parfum : rien ne marche. Résultat ? Drogue, alcool, amants violents, séjours en hôpital psychiatrique, obésité, comptes en banque vidés par des amis indélicats et tentatives de suicide à répétition.
Loft Story vient de faire l’objet d’une série télévisée en six épisodes, intitulée Culte, et censée retracer les grandes heures de l’émission en question. Ou de l’art de recycler les déchets.
En attendant, combien de vies brisées par ces nouveaux miroirs aux alouettes ? Trop, assurément.

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12 commentaires
Ne devons-nous pas nous étonner que nos médias ne fassent pas de rapprochement entre développement du commerce de la drogue et intrusion progressive de l’islamisme « d’atmosphère » . Saper la santé des leaders n’est-ce pas commencer à détruire les fondements de nos sociétés afin de faciliter l’intrusion ? Ce qui ne se limite pas aux leaders puisque la jeunesse embrasse volontiers cette démarche « innocente », festive comme ils disent. Tout commence par de l’innocence aveugle.
j’ai bien vu quelques posts parlant de cette Loana sans plus mais sinon c’est vraiment ballot , car allergique à la TV depuis plusieurs décennies je ne connais aucune des émissions et aucun des noms !!! bien entendu je ne me réjouis pas de leur mort mais sincèrement ……..quand on est rien ni personne( comme dirait le psychopathe de l’Élysee ) et que le hasard vous propulse sous les projecteurs , on se devrait au moins de remercier la vie et d’en profiter pour faire quelque chose de bien au lieu de se farcir le nez et le reste de poisons violents pour engraisser des dealeurs …c’est pitoyable ..
je n’ai pas l’impression que les prodiges dans la musique classique suivent le même chemin …je me trompe ??
Je ne vais pas m’en remettre, c’est trop dur.
L’effet doublement pervers de ces « réussites flash », c’est que nombreux seront ceux qui se réjouiront de leur déconfiture, tant la célébrité – même éphémère – fait d’envieux…
Mieux vaut faire de la politique, c’est aussi bien payé, les carrières sont très longues et il n’y a jamais de suicides.
Si certains sont suicidés
Pas Robert Boulin, en tous cas…
Triste
La télé réalité n’est que le miroir de notre société qui veut être riche mais les stigmatise ensuite. La célébrité c’est comme le consumérisme matériel, on achète puis on jette. Sauf que là il ne s’agit pas de marchandise mais d’êtres humains souvent fragiles aux sorties de l’adolescence.
Un « non évenement » !
Toutes ces émissions qui ce disent découvreuses de talent , le tout bien sur sponsorisé par les maisons d’éditions , ne recherche que des « chanteurs chanteuses » cleanex , même si dans le tas certaines certaines arrivent a force de travaille a sortir du système cleanex des maisons d’éditions; les autres finissent dans l’oublie , retourne dans l’anonymat.
Cela ne touche pas que la chanson , mais également le cinéma ; seul ceux celles qui ont la hargne , qui bouffe du chien enragé s’en sorte , les autres disparaissent.
Faut avoir combattu, dans la vie ou dans le réel, ce qui arrivait souvent pour les rares qui faisait carrière, au cinéma surtout. Depuis les années 90, la vie est généralement clémente avant d’être une star. Et la suite en découle.. C’est la vie…