Pompiers : les soldats du feu face aux actes de guérilla urbaine

Si les 700 et quelques agents des forces de l’ordre blessés durant les émeutes, fin juin, ont été souvent évoqués par les médias et politiques, il n’en va pas tout à fait de même pour les soldats du feu qui, pourtant, ont aussi tragiquement fait les frais de ces « sept nuits de colère », comme les appelle Le Monde.
Sur 61.000 pompiers mobilisés lors des émeutes, 46 d’entre eux ont ainsi été blessés : le chiffre est bien inférieur à celui des policiers et gendarmes, bien sûr, mais il n’en demeure pas moins inquiétant, notamment au vu de sa croissance, ces dernières années. Parmi les dangers de ce métier, par définition à risque, celui des agressions devient désormais une réalité malheureusement quasi quotidienne. En effet, de plus en plus, les pompiers font face à une hostilité redoutable de la part de jeunes voyous qui n’hésitent pas à attirer les soldats du feu dans des guets-apens dans le but très clair de porter atteinte à leur intégrité physique, et parfois même à leur vie. À ce sujet, le 11 décembre 2019, un groupe de sénateurs publiait ainsi un rapport d’information alarmant sur les violences commises contre les pompiers. « Il n'est plus aujourd'hui uniquement question d'outrages ou de violences verbales, mais de véritables guets-apens : jets de pierre, de cocktails Molotov ou de parpaings, agressions à l'arme blanche ou encore attaques et destructions de véhicules et de centres de secours », alertaient ainsi les élus de la chambre haute, soulignant des violences toujours plus nombreuses et, surtout, toujours plus graves : « Les exemples d’actes ayant pour finalité de blesser ou tuer des pompiers sont malheureusement nombreux. » Pour les sénateurs, le message est clair : cette vague de violences s’inscrit « dans le cadre plus large d’un rejet de l’autorité républicaine, de la puissance publique et des normes qui en sont le moyen d’expression ». En clair, on appelle ça de la guérilla.
Les chiffres publiés sur le sujet confortent largement les écrits du rapport sénatorial : selon une note de l’Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales (ONDRP), les sapeurs-pompiers ont subi, sur une période de dix ans, une hausse continue des agressions à leur encontre. En 2008, 899 soldats du feu déclaraient avoir été victimes d’une agression. Ils étaient 3.411, en 2018. L’accélération, au fil des ans, est tangible : entre 2017 et 2018, les agressions ont ainsi augmenté de 21 %. En 2021, l’iFRAP, se fondant sur le Service statistique ministériel de la sécurité intérieure (SSMSI), recensait 30 % d’agression supplémentaires par rapport à l’année précédente, soit 836 agressions physiques en 2021, contre 648 en 2020. Des chiffres inquiétants, donc, qui ne sont qu'une pâle estimation de la réalité : en effet, rapporte l'iFRAP, « une récente étude du SSMSI indique que seulement 25 % des faits remontent ».
Le pic de blessés atteint durant les émeutes du mois dernier a mis un coup de projecteur tout à fait bienvenu sur les courageux sapeurs-pompiers. Dix d’entre eux ont d'ailleurs été décorés par le ministre de l’Intérieur de la médaille de sécurité intérieure. Une belle distinction, certes, mais qui n'en serait que plus appréciable si elle était accompagnée de la réponse juridique forte que soldats du feu et beaucoup d'élus appellent de leurs vœux depuis tant d'années.
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5 commentaires
Des groupes d’auto-défense se créent, dans la plus complète discrétion mediatique, et seront de plus en plus nombreux, car les français en ont RAS LE BOL des exactions des « petits anges »! Légitime mais dangereux. Il conviendrait tellement mieux de virer les incapables qui encombrnt les allées du pouvoir, et jusqu’au sommet !
Il y aurait bien moins de blessés si les policiers avaient le droit de traiter par la violence ces individus violents
Il semblerait que toute la population judéo chrétienne, et tout particulièrement les serviteurs de l’état, sont la cible de ces hordes barbares. Et, parmi nos innombrables politicards, combien sont aptes à réfléchir et à e demander quelle est la motivation de ces petits anges ?
Je me souviens, il y a vingt ou trente ans que les pompiers par la voix de leur syndicats trouvaient pourtant bien des excuses à tous ces « sauvageons » !
Il n’y apas une fraction de la population qui ne soit pas agressée à un moment ou à un autre par des hordes ultra violentes. Or, je n’entends jamais parler de réponse de la part des agressés. Serait-il enfin possible d’invoquer la défense légitime ? Les écoterroristes invoquent pour justifier leurs divers vandalismes la légitime défense climatique. Oserons-nous, simples citoyens, d’invoquer notre droit à la défense de nos femmes, enfants, proches et voisins?