Rapprochement entre le gouvernement israélien et le RN : une bonne nouvelle ?

@DedaSasha/Wikimedia commons
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En France, l’information, venue du Jerusalem Post, a été relayée par le JDD et répercutée par Louis Aliot pour le Rassemblement national. Le ministre des Affaires Étrangères israélien, Gideon Sa’ar, aurait annoncé son souhait d’engager un dialogue avec trois partis conservateurs européens : Vox, en Espagne ; le parti des démocrates suédois, en Suède ; et... le Rassemblement national, en France. Cette information intervient après une campagne de dédiabolisation sur plusieurs années, destinée à faire oublier les outrances de Jean-Marie Le Pen (le « détail de l’Histoire » n’étant, on s’en doute, pas très bien passé auprès de la communauté juive comme de l’État d’Israël). Aujourd’hui, même la famille Klarsfeld préférerait voter pour le RN que pour LFI, en cas de duel, preuve que l’échiquier politique a changé.

Il y a, premièrement, une question de simple bon sens, là-dedans. Évidemment, le RN n’est pas un parti antisémite. Il serait même plutôt en faveur de la politique israélienne menée par le gouvernement Netanyahou. Les élus du parti de Jordan Bardella n’ont jamais tergiversé pour apporter leur soutien aux Israéliens après les massacres du 7 octobre. L’antisémitisme est de gauche, comme le prouve le triste exemple de Rima Hassan. Il n’y a que les politiques français pour ne pas prendre les mesures nécessaires.

Il y a, aussi, un concours de circonstances favorable : tandis que le RN s’embourgeoise aux yeux de l’opinion, la frange dure du gouvernement Netanyahou cherche des soutiens à sa politique. Car ce qu’oublie de préciser le JDD, c’est que Gideon Sa’ar n’est pas n’importe qui. Venu de l’ultra-droite sioniste, il a fait partie de l’aile la plus agressive du Likoud et dirige, aujourd’hui, le parti Nouvel Espoir, dont le logo représente un faucon au milieu d’une étoile de David. Sa’ar milite pour l’annexion de tous les territoires occupés et refuse l’existence de l’État palestinien. Il était candidat à la présidence du Likoud en 2019 contre Netanyahou, qu’il jugeait trop mou. Autant dire que son rapprochement avec des partis conservateurs a également pour but, aux yeux de l’opinion internationale, de dédiaboliser ses propres prises de position.

Chacun aura besoin de compter ses amis

C’est, d’ailleurs, toute l’ambiguïté de cette information, qu’à première vue on pourrait juger très encourageante. Ce n’est pas n’importe quel homme politique qui se rapproche des partis de droite européens. Dès cette semaine, sur les réseaux sociaux, les défenseurs de la cause palestinienne avaient beau jeu de critiquer un rapprochement des extrémistes, même si le RN n’a rien d’extrême et que la situation en Israël n’a rien à voir avec celle des autres pays du monde.

En d’autres termes, l’annonce de ce rapprochement risque bien de scinder encore plus l’archipel français. D’un côté, le peuple pragmatique, les déshérités de la France périphérique, la bourgeoisie qui réfléchit et les minorités - dont les Français de confession juive - persécutées par un islamo-gauchisme que personne ne contrôle ; de l’autre, les soutiens des terroristes du Hamas, l’immigration qui n’aime pas la France, les tenants échevelés d’un wokisme en phase terminale, les écolos et la stupide bourgeoisie cultivée des métropoles. Si rien ne bouge avant 2027, et sachant que l’électorat de Macron est en train de mourir de vieillesse, oui, on s’achemine vers un second tour Marine Le Pen/Jean-Luc Mélenchon. Gideon Sa’ar et Jordan Bardella en ont peut-être pris acte avant tout le monde. Et, dans la tempête qui s’annonce en Israël-Palestine comme en France, chacun aura besoin de compter ses amis.

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Arnaud Florac
Chroniqueur à BV

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